Le Foyer Santo Domingo dans le Petén
Haïti-Guatemala-La Source apporte depuis de nombreuses années une aide financière à l’orphelinat « Santo Domingo » situé dans une région reculée et pauvre du Guatemala, le Petén. Les fillettes et les adolescentes qui séjournent au Foyer sont orphelines ou ont été abandonnées par les parents ou encore ont été victimes de violence intrafamiliale.
L’orphelinat héberge en moyenne une dizaine de fillettes et de jeunes filles, certaines en internat et d’autres comme externes. Leur âge oscille entre 4 et 18 ans.
Les pensionnaires sont encadrées par une équipe multidisciplinaire composée d’enseignantes, assistante sociale, psychologue, médecin et personnel auxiliaire.
L’ancrage est à 100 % local. L’administration générale est assurée par les Sœurs Missionnaires Dominicaines de Saint-Sixte.
Le Foyer collabore avec le Tribunal de première instance de la Jeunesse et de l’Adolescence de San Benito (Petén), avec la Députation Générale de la Nation, San Benito (Petén) et avec le Conseil National des Adoptions (Guatemala Ciudad).
Le Foyer ne reçoit aucune subvention de l’Etat. Haïti-Guatemala-La Source, qui est leur principale source de revenus, participe généralement à la couverture des frais de scolarité et d’hébergement des pensionnaires. La prise en charge d’une jeune fille coûte en moyenne 140 euros par mois.
Témoignage de Maritza
Témoignage de Maritza : « Mes deux années au Foyer, les moments les plus heureux de ma vie » (traduction)
« Je m’appelle Maritza et je suis une fillette joyeuse, tendre et affectueuse, j’aime rire et je suis aussi un peu timide. J’ai grandi dans une famille assez désunie, sous les coups et les insultes, et j’ai manqué de nourriture. Malgré cela, j’aime ma famille. Je suis entrée à Casa Hogar Santo Domingo à l’âge de 11 ans, et je me souviens que j’étais très maigre parce que je ne mangeais pas à ma faim à la maison. Ici, au foyer, j’ai la chance de recevoir de la nourriture savoureuse. Je suis d’origine Q’eqchi’ et mon père disait toujours que les femmes n’étaient pas destinées à faire des études. Les Sœurs dominicaines de San Sixto n’ont pas pu m’inscrire dans une école primaire normale à cause de mon âge et de mon absence de scolarité, mais grâce à elles, j’ai tout de même pu fréquenter une école. J’y étudie au sein d’un programme IGER et j’aime mon apprentissage. Je suis éternellement reconnaissante aux sœurs parce que leur aide me permet d’apprendre à lire et à écrire. Elles m’inculquent également de bonnes habitudes tant sociales que spirituelles et elles essaient chaque jour de faire de moi une personne de valeur, obéissante, responsable, et surtout heureuse. Les plus beaux souvenirs que j’ai sont ceux où nous jouions avec mes camarades de classe du foyer. Nous étions un groupe très heureux, composé de filles d’âges divers et nous aimions jouer et nous amuser ensemble. Même s’il nous arrivait parfois de nous disputer et de nous distancer un petit peu, nous nous aimions beaucoup. On nous emmenait aussi en excursion, ce qui m’a permis de visiter de nombreux endroits, une chance que je n’avais pas avant. Tout cela fait que je me sens très heureuse. Je désire faire des études plus que tout au monde pour ainsi pouvoir aider mes frères et sœurs et ma mère quand je serai grande. Grâce aux Sœurs et à Dieu, je sais que j’y parviendrai. Avant, je ne me souciais que du travail domestique, mais maintenant, je sais que je pourrai me développer professionnellement dans le futur. Actuellement, je suis à l’école primaire et j’aime étudier, mais je rencontre quelques difficultés à faire mes devoirs à cause de ma langue d’origine et j’ai parfois du mal à comprendre les explications, mais les Sœurs m’apportent toujours leur aide. J’ai aussi appris à faire le ménage et j’apprécie travailler. Cette vie à Casa Hogar est très enrichissante car on grandit tant dans les valeurs que dans l’enseignement, et on nous apprend à connaître Dieu. Aujourd’hui et à l’âge de 13 ans, je peux faire beaucoup de choses. J’apprends à être, à faire et surtout à vivre ensemble. Mon apparence a aussi changé : je ne suis plus si maigre et pâle, j’ai pu prendre un peu de poids et j’ai maintenant un corps normal, qui n’est plus marqué par la dénutrition. Je me sens plus confiante et j’ai plus de courage pour affronter les épreuves. J’aimerais continuer mes études pour devenir professeur à mon tour et ainsi contribuer à l’enseignement de nombreux enfants qui n’ont pas la possibilité de recevoir une éducation digne de ce nom et dont les parents, tout comme les miens, ne se soucient pas de leur bon développement. Je vous remercie de vous être intéressés à ma vie à Casa Santo Domingo. Je suis consciente du long chemin qu’il me reste à parcourir, mais je sais qu’avec l’aide de Dieu et des Sœurs, je serai entre de bonnes mains. Lorsque je quitterai le foyer, un jour, j’aurai bénéficié de bonnes fondations pour devenir une bonne personne, que Dieu aime.
Maritza.
Témoignages et projets de vie
Elles s’appellent María , Rosita, Adriana et Katerin, noms d’emprunt d’enfants admis au foyer en 2024 et en 2025 et chacune a son histoire…
La petite Adriana a vécu ses quatre premières années aux côtés de sa grand-mère maternelle, Doña Lola, et est arrivée à Casa Hogar au courant du mois d’octobre 2023 à l’âge de cinq ans à la suite d’abus et de maltraitance physique par sa mère. Celle-ci l’avait abandonnée dans la maison d’une famille chez qui elle travaillait comme aide-ménagère. Adriana raconte que sa mère lui a dit qu’elle ne pouvait plus s’occuper d’elle parce qu’elle allait travailler dans un endroit où l’on n’acceptait pas les enfants. En réalité, la tante de la fillette lui a confié que sa maman vendait de la bière et de l’alcool.
Adriana raconte encore : “Un jour, la fille de la dame chez qui je vivais m’a frappée très fort parce que j’avais laissé mes chaussures dans le couloir.
Elle devait aller à une fête d’anniversaire à laquelle je voulais assister mais elle n’a pas voulu m’y emmener et je suis restée seule à la maison.” C’est ainsi que les voisins ont porté plainte et ont emmené la petite fille à Casa Hogar.
Adriana explique : “Cette année, beaucoup d’enfants sont arrivés au foyer et on est devenu amis, mais leur famille vient leur rendre visite ou les emmener avec eux. Moi aussi j’aimerais voir mes cousins et ma maman. Elle est peut-être revenue à la maison pour venir me chercher. Comme mes amis, j’ai aussi une maman…ou alors je peux toujours retourner chez tía Lila, là où ma maman travaillait avant…”
Nous avons demandé à Adriana si des amies ayant séjourné au foyer cette année lui manquaient. Elle a répondu : “Elles me manquent toutes, mais particulièrement Dulce María, parce qu’elle était toujours si joyeuse, elle m’aimait beaucoup aussi. Quand nous allions à l’école, les autres enfants l’aimaient énormément et lui faisaient souvent des petits cadeaux : des jouets, des bonbons, un peu de leur pain ou de leur boisson…et elle partageait toujours avec moi !”
Voici María
Nous avons fait connaissance avec Dulce María lors de son entrée au foyer, le 11 février 2024, également en raison de maltraitance et de son abandon par sa mère, une jeune femme de 22 ans originaire du département de Cabán. Elle était arrivée dans notre département de Petén à la recherche d’un emploi. On sait seulement qu’elle a laissé sa fille chez une voisine alors qu’elle partait laver du linge afin d’assurer sa subsistance quotidienne. La police a été alertée, ce qui a permis à Dulce María d’être prise en charge et accueillie chez nous.
La famille a déclaré n’avoir aucune information de sa mère, Silvia, et celle-ci n’est jamais venue rendre visite à sa fille. Elle n’a même jamais téléphoné pour demander de ses nouvelles. Après un séjour de trois mois à Casa Hogar, Dulce a été confiée à un couple marié, sa famille d’accueil, qui sont parents au troisième degré du côté de sa mère. Ils vivent dans la municipalité de Melchor de Mencos, à Petén. Nous avons pu maintenir le contact avec eux pendant trois mois après le départ de la fillette mais à ce jour, nous n’avons plus de nouvelles de leur part et nos messages restent sans réponse. Ces cas restent à charge de la Procuraduría General de La Nación (Procureur Général de la Nation).
« Ici, j’ai envie de chanter ! » Ce sont les mots de Rosita, 4 ans, originaire de la région de Quiche, au Guatemala.
Elle raconte qu’elle vivait avec sa grand-mère paternelle et son père, alcoolique. Elle est arrivée au foyer en avril 2025 après un abandon de sa mère, qui est partie aux États-Unis. Elle avait d’abord été confiée à son père qui l’a physiquement maltraitée, raison pour laquelle le Procureur général de la Nation l’a emmenée à Casa Hogar. Toutes les filles sont immédiatement inscrites à l’école en fonction de leur âge. Rosita étudie au niveau pré-primaire qui accueille les enfants âgés de 4 à 6 ans. Elle nous confie vouloir devenir professeur quand elle sera grande. Elle aimerait aussi pratiquer le chant. Rosita nous dit qu’avoir une famille est important pour elle, notamment pour pouvoir découvrir de nouveaux endroits, comme le Mexique, par exemple, car elle aime beaucoup les Mariachis. (Groupe de musique mexicaine).
Je m’appelle Katerin, j’ai 13 ans et j’ai deux sœurs et trois frères. Ma maman est décédée lorsque j’avais 4 ans et même si je ne me souviens plus beaucoup de son visage, je me rappelle son sourire. Mon père est parti aux États-Unis quand j’avais 7 ans. J’ai énormément souffert quand j’ai compris qu’il m’avait abandonnée. Mes frères sont également partis, je n’ai qu’une demi-soeur vivant à Puerto Barrios, mais elle ne m’a jamais rendu visite. Je suis actuellement en sixième année à l’école Marta Rosa et je suis heureuse malgré les difficultés que j’ai connues.
Plus tard, je voudrais devenir psychologue pour venir en aide aux enfants et personnes dans le besoin.
Mon souhait le plus cher est d’avoir une famille qui m’aime.
Casa Hogar Santo Domingo apporte son aide à ces jeunes filles vulnérables et dont les droits ont été bafoués. Elles disposent ainsi d’un hébergement sûr où elles sont protégées en attendant la résolution légale de leur situation par le tribunal.